Description du projet

Primé au Palmarès du Paysage 2021 pour son approche frugale et participative, le réaménagement de la cour de l’école élémentaire Gisèle Halimi s’inscrit dans une démarche pionnière, engagée avant même les premiers retours d’expériences des cours « oasis ». Initialement centrée sur des enjeux éducatifs, la commande n’intégrait pas d’ambition environnementale affirmée. Le projet accompagne la commune vers une approche plus engagée, en faisant du végétal une infrastructure centrale et un support pédagogique.

Avec près de 90 arbres plantés, les 2 300 m² d’enrobé imperméable se transforment en un jardin-forêt structuré par des bosquets pédagogiques, des lanières arborées et un salon de lecture. Un sol ludique coloré vient organiser les parcours et activer les usages. Cette nouvelle géographie permet l’émergence de milieux vivants et ombragés, capables d’abaisser les températures estivales et de limiter le ruissellement des eaux pluviales.

La cour devient un espace vivant, joyeux et poétique, stimulant l’imaginaire et proposant d’autres manières d’apprendre. Les lanières arborées filtrent les abords des classes, offrant de l’ombre en été et laissant passer la lumière en hiver, tandis que les bosquets créent des espaces propices aux usages calmes et à l’exploration.

Le projet repose sur une démarche de co-conception forte. Une maquette manipulable a permis d’associer enfants, enseignants, personnel périscolaire, techniciens et élus à la fabrication du projet. Cette implication se prolonge dans le temps par des actions pédagogiques : plantations, fabrication de nichoirs, signalétique botanique. La cour devient ainsi un véritable support d’apprentissage, approprié par ses usagers.

Sobre et frugale, la réalisation démontre qu’un impact environnemental et social fort peut être atteint avec peu de moyens (30 € HT/m²). Le recours à des matériaux locaux, biodégradables et renouvelables, ainsi que la mise en place d’un carnet de gestion avec les services de la ville, permettent d’inscrire le projet dans une logique de durabilité et de transmission.

À travers ce projet pilote, la cour d’école s’affirme comme un levier concret de résilience climatique et d’éducation au vivant, conciliant transformation écologique et implication collective.