Description du projet

Sur le plateau d’Angoulême, au cœur d’un vaste campus, le collège Marguerite de Valois accueille un public en territoire prioritaire. La cour, largement minérale, portait les signes d’un espace fragmenté et inégalement approprié : en partie haute, un plateau peu investi ; en partie basse, une cour saturée d’usages. Entre les deux, un talus faisait frontière.

Le projet prend appui sur cette contrainte pour en faire le moteur de transformation. Le talus devient le cœur actif du dispositif. D’obstacle, il se transforme en lien, en lieu. Une grande structure en bois s’y déploie, accueillant gradins, scène et espaces de rencontre. Des arbres y prennent place, installant progressivement l’ombre et un nouveau rapport au climat, tandis qu’une rampe accessible assure la continuité des parcours.

En partie haute, un sol drainant libère les usages et accueille un terrain multi-activités ouvert. En partie basse, les ombrières existantes sont réinvesties : leurs socles minéraux sont prolongés par un mobilier en bois continu, support d’assise et de sociabilité. Autour, des bosquets arborés réintroduisent le vivant : les sols sont ouverts, désimperméabilisés, plantés.

Le projet repose sur une démarche de co-conception impliquant élèves, enseignants et équipes techniques. Une maquette évolutive permet d’explorer les possibles, tandis que le piquetage in situ rend le projet tangible avant même le chantier. Des temps de plantation et d’apprentissage prolongent cette dynamique. La cour devient un support pédagogique, un lieu d’expérimentation.

Végétaliser, ici, ne relève pas d’un simple ajout. C’est un acte de réparation : des sols, des usages, mais aussi des inégalités d’accès à des espaces de qualité. Le projet montre qu’à partir d’un existant contraint, il est possible de faire émerger un paysage habité, vivant et évolutif.