Description du projet

Requalification des cours de l’établissement Stanislas Cannes par de la végétalisation et de la désimperméabilisation

La requalification des cours de l’Institut Stanislas à Cannes s’inscrit initialement dans des objectifs classiques de désimperméabilisation : réduire les îlots de chaleur, restaurer un sol vivant, améliorer le confort d’usage pour plus de 2 700 élèves et gérer durablement les eaux pluviales. Mais le projet dépasse rapidement ce cadre pour devenir une véritable démarche de transformation paysagère et pédagogique à l’échelle d’un campus de plus de 6 000 m².

Confronté à de fortes contraintes — réseaux enterrés, parking souterrain, densité d’usages, climat méditerranéen contrasté et phasage de chantier limité aux vacances scolaires — le projet transforme ces limites en leviers de conception. Il redonne une cohérence d’ensemble au site à travers une écriture continue : palette végétale méditerranéenne, composition lisible des espaces et mobilier en bois sur mesure constituant un fil conducteur du parcours des élèves, de la maternelle au lycée.

Le sol devient la matrice du projet. Les surfaces imperméables sont largement ouvertes, décompactées et refertilisées afin de reconstituer des continuités de pleine terre favorables à l’infiltration de l’eau et au développement du vivant. Les plantations s’appuient sur ces volumes de sol partagés pour former de véritables microécosystèmes. Environ une centaine d’arbres, adaptés au climat local et laissés en port libre, structurent des bosquets générateurs d’ombre et de fraîcheur, participant à la régulation thermique.

Les cours sont repensées comme des lieux de vie et d’apprentissage. Le mobilier sur mesure, simple, robuste et multifonctionnel, accompagne les usages quotidiens : s’asseoir, jouer, apprendre, se rassembler. Des mots gravés jalonnent le parcours, introduisant une dimension sensible et narrative.

La durabilité structure l’ensemble du projet. Une démarche de co-conception a associé usagers et équipes pédagogiques, favorisant l’appropriation. Le projet repose sur des solutions sobres : gestion de l’eau à ciel ouvert, matériaux frugaux, végétation peu consommatrice en eau, mobilier réparable. L’entretien est limité et pensé en adéquation avec les moyens du site : gestion extensive des plantations, absence de taille systématique, restitution des feuilles au sol.

Plus qu’un aménagement, le projet constitue un système évolutif, où sol, eau, végétal et usages interagissent dans le temps. Il transforme des espaces minéraux en un paysage habité, support pédagogique et sensible, capable de faire émerger une nouvelle relation au lieu et au vivant.